2 août 2026

Maxime

La philosophie de la flemme… jusqu’au moment de ranger le bateau

Il y a un moment très particulier avant chaque départ en bateau.

Le moment où tu regardes le bordel.

Objectivement, il faudrait ranger. Demain, on largue les amarres. Tout doit être à sa place. Les bouts, les sacs, les outils, les courses… Deux heures de boulot.

Et pourtant…

Je suis assis dans le cockpit.

J’observe.

Parce que je refuse de céder à cette vieille manipulation qui consiste à croire qu’un problème perçu doit être résolu immédiatement.

Qui a décidé ça ?

Le bateau sera toujours aussi en désordre dans cinq minutes. Il n’y a donc aucune urgence.

La vraie sagesse consiste à laisser mûrir les tâches. Comme un bon fromage.

Avec un peu de chance, certaines disparaissent. Tu retrouves finalement l’objet que tu cherchais. Tu décides que ce sac ira très bien à cet endroit. Ou mieux encore : quelqu’un te demande si tu as besoin d’un coup de main.

Le procrastinateur ne fuit pas le travail.

Il lui laisse une chance de s’organiser tout seul.

Et puis je regarde Mathila.

Demain, il va nous emmener pendant dix jours. Des mouillages, des ports, des villages, des rires, des coups de vent… Le voilier se fiche complètement de savoir si le tournevis est dans le bon tiroir.

C’est moi qui me raconte cette histoire.

Bon…

J’arrête d’écrire… Je vais quand même ranger.

Pas parce que c’est raisonnable.

Parce que je sais très bien que demain, à trois heures du matin, avec vingt nœuds de vent et une mer qui tape, le seul objet dont j’aurai besoin sera précisément celui que j’aurai décidé de ne pas laisser traîner aujourd’hui.

La paresse est une philosophie.

La navigation, elle, est beaucoup moins tolérante.

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