17 avril 2026

Maxime

Philo antique, torticolis de l’espace et météo de merde.

J-7.
Je n’ai jamais aimé les chiffres qui reculent. Sept jours, c’est quoi ? Le temps qu’il faut à une bonne résolution pour crever la gueule ouverte.
Et moi, je suis censé caser ma vie de terrien dans ces 168 heures avant de larguer les amarres. Spoiler : ça ne rentre pas.

Le Gribouillage et le Playmobil

La météo ? Une blague. Mauvaise.
Les fichiers GRIB ressemblent aux gribouillages d’un gamin en pleine crise de nerfs. Du rouge partout, des flèches qui s’insultent, et cette dépression qui s’installe comme un invité bourré qui refuse de quitter la soirée.

Merde.
C’est le seul mot technique valable quand le baromètre chute et que tu te demandes quelle route tu vas bien pouvoir prendre.

Pendant ce temps-là, mon corps a décidé de faire sécession. Hier soir, j’étais à l’école de philo. L’Ancien Orient. Trois millénaires avant JC. Le prof nous vendait l’éternité et le détachement alors que moi, j’essayais juste de rester droit.

Ce matin, la sentence est tombée : un torticolis de l’espace.
Je suis figé. Je me déplace comme un Playmobil en pleine crise existentielle.

Essayer de penser au « Grand Tout » quand un démon te plante un tournevis chauffé à blanc dans les cervicales…

Sans commentaire.

Didi et la Pharmacie

Hier soir, Didi écoutait le cours avec cette grâce insupportable. Elle planait dans les hautes sphères du savoir antique. C’est agaçant à quel point elle est belle quand elle comprend des trucs que j’ai déjà oubliés.

En plus on était un peu fâchés, ce qui rendait le truc encore plus sexy, forcément.

Moi ? Ce matin, je plane aussi, mais sous Tramadol (en surdosage bien-sûr).
Je me demande comment je vais hisser la grand-voile si je ne peux même pas tourner la tête pour éviter l’abordage avec un cargo.

Pendant ce temps, Mathila s’en fout.
Lui attend à San Pedro, à barboter bien amarré. Je l’ai bichonné il y a un mois et demi passé. Il est prêt à bouffer du mille, lui.

C’est étrange d’avoir son cœur qui bat dans un port espagnol alors que ton corps de vieux débris est bloqué dans le Sud de la France entre deux consultations.
Parce qu’il faut bien les voir, ces gens. Écouter leurs problèmes alors que le mien, là, tout de suite, c’est une envie furieuse de poser ma tête bien trop lourde sur un oreiller.

Latex et Cyprine

11h.
J’ai craqué.

J’ai annulé toutes les consults de la journée.
Pharmacie entière ingurgitée, je m’écroule.
Je scrolle.
Mon Dieu, le niveau de conneries que le monde peut produire…
Entre 1 pubs et 2 chats made in IA en train de causer, je tombe sur un type, l’air très sûr de lui qui t’explique les bienfaits du cunnilingus bien arrosé. Ocytocine, cyprine, molécules soit disant miracles contre le cancer… Je m’incline. Si la mouille guérit les tumeurs, la moitié des hommes de cette planète pourraient être immortel, non ?
Trop de science (occulte) pour moi. Je lâche le téléphone.
Je m’assoupis. Je rêve de départs héroïques, le torse bombé face à l’horizon, crinière au vent.

Réveil en sursaut.
Douleur.
Re-scroll compulsif.

Je tourne en rond tel un poisson rouge dans un bocal chargé en relaxants musculaires.
Puis, le choc! Je tombe sur ce reel : une nana genre LGBT, très sûre d’elle (elle aussi). Qu’est ce qu’ils ont tous a s’affirmer ?
Elle explique face caméra qu’il est tout à fait sain et normal de trimballer son mec en laisse, affublé d’une cagoule de clébard, en plein Paris.
Le « vivre-ensemble », paraît-il. Attend qu’elle ait des gosses cette connasse ! On en reparle…
Exaspéré, je balance mon tél sur le matelas et je replonge.
Nouveau rêve : une église. Un mariage. Didi est face à moi, sublime dans une robe de mariée en latex blanc. Moulante, brillante, scandaleuse. Oh merde, je suis surpris de mon propre rêve… Dans mon rêve.

Étrangeté.

Le curé ? Soutane en latex noir. Le sacré et le profane qui se roulent une pelle.

Vais-je l’épouser ?
Forcément.

Je me réveille en nage, le cœur qui tabasse. Entre l’orgie d’opiacés sous ordonnance et l’autre dinde avec son mec cagoulé, à quatre pattes, en train d’aboyer. Mon cerveau a fini par court-circuiter. C’est plus un rêve, c’est un bug généralisé.

La vérité du jour ? Je ressemble à un cintre tordu et je suis probablement drogué par trop de substances ordonnancés.

C’est peut-être ça, la première vraie leçon de philo : accepter que je ne suis pas un surhomme (et oui 50 balais). Juste un type qui veut se barrer, mais qui se fait rattraper par une nuque en bois et une réalité qui te plaque au sol.

Si t’as déjà eu envie de débrancher la prise avant même d’avoir commencé, tu vois de quoi je parle.

Sinon… dors bien.

Moi, j’essaie.

Sept jours. Encore. 7 jours à invoquer les dieux pour qu’ils organisent ces GRIB.

Allez, circulez. Y’a rien à voir.

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